La langue bretonne aujourd’hui

La langue bretonne aujourd’hui

Un siècle plus tôt, la langue bretonne comptait plus d’un million de locuteurs. Aujourd’hui, leur nombre a radicalement décru. Il y a en effet moins de 250 000 personnes qui la parlent encore dans le monde.

C’est ce qui a fait dire à l’UNESCO, à la fin de l’année 2010 que le breton était « sérieusement en danger ». Que reste-il de l’héritage de cette langue aujourd’hui ? Continue-t-elle d’être enseignée ? Les politiques publiques peuvent-elles la sauver de la disparition ?

L’héritage de la langue bretonne

Les mesures prises par les différentes politiques linguistiques ont ralenti la transmission de la langue bretonne de génération en génération. Sous la IIIe République, les restrictions ont été encore plus persistantes.

La lutte contre l’utilisation du Breton dans les Eglises, dans les écoles a engendré dans l’entre-deux guerres, son recul historique. Même les décisions prises plus tard pour le réhabiliter n’ont pas véritablement porté leurs fruits.

Les locuteurs actuels de la langue bretonne

Selon une enquête commanditée par la Région à l’Institut TMO Régions, du 7 au 3 Juillet 2018, la langue bretonne compte plus de 200 000 locuteurs. Cela revient à dire que 5,5% de la région la parle.

A noter que l’âge moyen de ces locuteurs est de 70 ans. Fait remarquable, cet âge a en effet augmenté de plus de 7 ans, depuis l’enquête qui a été menée en 2007.

Quant à ceux qui comprennent quelques mots ou expressions bretons, leur pourcentage est estimé à 31% de la population bretonne.

L’enquête a permis de révéler également que 27% de la population est au contact du breton ou du gallo, au moins une fois par mois.

Au cours de l’enquête, parmi les personnes interrogées, 90% des 15-24 ans et 53% des 25-39 ans, ont déclaré qu’elles ont appris la langue bretonne à l’école. Pour ce qui est des personnes plus âgées, ce taux chute de 7%.

Ces statistiques montrent que l’école est un facteur essentiel dans l’apprentissage du breton. L’envie d’apprendre et de parler la langue est en effet très présente chez les jeunes.

 

 

La langue bretonne : Une langue en quête de reconnaissance

Plusieurs efforts pour vulgariser la langue bretonne ont été réalisés. En Décembre 2004, la Région a adopté à l’unanimité, une politique linguistique. Elle a été par la suite mise à jour, en Mars 2012.

Cette politique fixe des objectifs pour assurer la transmission des langues de Bretagne et leur utilisation au quotidien. C’était l’occasion de reconnaître de façon officielle, le Français, le Breton et le Gallo comme langues de la Bretagne.

Comme fait majeur en 2008, un amendement a favorisé l’intégration des langues régionales dans la Constitution française. Cela signifie qu’elles appartiennent au patrimoine de la France.

Cet amendement a entraîné la levée de certaines mesures destinées à limiter l’utilisation des langues bretonnes.

Par ailleurs, en Décembre 2015, une convention particulière entre l’Etat, la Région et les Universités de Bretagne Occidentale (UBO) et Rennes 2 a vu le jour, conformément au Pacte d’Avenir. L’objectif affiché est la transmission des langues de Bretagne et le développement de leur usage dans les espaces publics.

Plusieurs mesures ont été prévues à cet effet :

  • Augmentation de nouveaux sites bilingues
  • Encourager la scolarisation de plus de 20 000 élèves bilingues
  • Augmentation des taux de recrutement des enseignants bilingues.
  • Assurer la formation continue des enseignants bilingues

Les initiatives pour sauver la langue bretonne

Pour sauver la langue bretonne de la disparition, la priorité a été accordée à son enseignement depuis l’école.

De la maternelle au lycée, il est désormais possible de suivre une formation bilingue dans près de 500 établissements.

Par ailleurs, une initiation à la langue bretonne est également proposée dans certaines écoles primaires publiques du Finistère. On constate aussi qu’il est possible que des collèges et lycées dispensent des cours de breton comme option ou langue vivante.

Ainsi, dans le secondaire, le quart des établissements dispense des cours en breton, ce qui équivaut à 109 collèges et 22 lycées.

La région mise entre autres sur les activités extrascolaires, pour stimuler l’apprentissage de la langue bretonne chez les élèves. En 2016 par exemple, 45 séjours de vacances ont été organisés et ont connu la participation de plus de 700 élèves.

En outre, la politique de promotion du breton, tient également compte des adultes. A leur profit, il a été organisé des cours du soir, des stages courts et des stages longs en formation professionnelle. Ces évènements ont connu l’adhésion de beaucoup de personnes.

Par exemple, 3237 adultes ont participé aux cours du soir en 2016-2017, plus de 1500 personnes ont pris part aux différents stages. La même année, les cours par correspondance ont connu la participation de plus de 230 personnes.

Autant dire, que beaucoup d’efforts sont faits pour sauver le breton de la disparition. Avec ses 18 000 élèves scolarisés en breton, l’espoir est certes mince, mais il faut encore s’investir davantage.

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