Histoire de la langue bretonne

Histoire de la langue bretonne

Les langues indo-européennes encore appelées langues celtiques, ont toutes disparu du continent européen, à l’exception d’une seule : Le breton.

Aujourd’hui, en dépit de son ancienneté, seulement 225 000 personnes parlent breton dans toute la région de la Bretagne. Il y a bien une raison à cela. Nous la découvrirons à travers l’histoire de cette langue, ses origines et son statut.

La langue bretonne : Quelles sont ses origines ?

Historiquement, les linguistes distinguent deux groupes de langues celtiques :

  • Le groupe gaélique

Cette catégorie regroupe l’Irlandais, le gaélique d’Ecosse et le manxois

  • Le groupe brittonique

C’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent le gallois, le Cornouillais et bien évidemment le breton.

Le breton est en effet issu des îles britanniques. De réelles affinités avaient même été découvertes entre le breton, le gallois et le Cornouillais.  C’est ainsi que beaucoup de linguistes avaient affirmé que ces trois langues formaient à l’origine un seul et même idiome.

L’émigration d’une partie des bretons en Armorique a largement influencé leur langue d’antan, pour donner le breton que nous connaissons aujourd’hui. Cette émigration se justifie par les invasions et incursions des Scots à l’Ouest, des Angles et Saxons à l’Est de l’Île de Bretagne.

En effet, dans cette région d’Armorique, il y avait plusieurs dialectes qui dérivaient du latin et du gaulois. D’où quelques emprunts du breton aux langues romanes.

Par ailleurs, vers la fin du 19ème siècle, le breton sera également influencé de façon remarquable par la langue française. Déjà en 1464, avec le premier dictionnaire trilingue du monde (Breton-Français-Latin), appelé Catholicon, le Breton et le Français avaient réciproquement intégré des mots issus des deux langues.

C’est en même temps le premier dictionnaire breton, tout comme le premier dictionnaire français.

Quoi qu’il en soit, l’évolution du breton va connaitre des tournants historiques, en fonction des différentes politiques linguistiques.

 

Le breton et les diverses politiques linguistiques

L’histoire de la langue bretonne a été le résultat de trois politiques linguistiques différentes.

La politique linguistique des ducs de Bretagne

Le duché de Bretagne a été rattaché au royaume de France. Progressivement, le latin et le breton ont été écartés au profit du français. Quand on se réfère par ailleurs aux derniers ducs de cette région bretonne, on peut constater qu’aucun d’eux ne s’exprimait officiellement en breton.

Ils n’hésitaient d’ailleurs pas à solliciter les services des traducteurs, quand il s’agissait de s’adresser aux administrés de Basse-Bretagne.

La politique linguistique des rois de France

L’Ancien Régime n’était guère animé par une intention de faire disparaître les langues locales propres aux régions. Ces langues vernaculaires étaient en effet présentes dans les cultes religieux.

Le souci de l’Ancien Régime était de garantir la bonne marche de l’administration. C’est ce souci qui a motivé l’imposition du français dans les espaces réservés à l’administration, à travers l’ordonnance de Villers-Cotterêts, encore appelée ordonnance Guillemine prise par le roi de France François 1er, en 1539.

 Mais il convient de rappeler que le retrait du breton de la vie publique avait été déjà entamé avant même le moyen-âge ou l’époque médiévale.

On retiendra toutefois, que cette ordonnance a plutôt servi à formaliser cette substitution du breton au français.

La politique linguistique sous la révolution et la IIIe République

Juste après la Révolution française de 1789, sur recommandation de l’Assemblée Nationale, les lois et décrets sont progressivement traduits dans toutes les langues régionales. Cette initiative nécessite en effet un budget conséquent. C’est ce qui a fait qu’elle a été abandonnée.

L’année 1794 a été le tournant majeur qui a contribué pour beaucoup à l’abandon progressif du breton.

« Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton (…) Cassons ces instruments de dommage et d’erreur ». C’est ce qu’avait déclaré Barère de Vieuzac, membre du comité de salut public, aux termes de son rapport sur les idiomes (langue locale bretonne).

A noter qu’en ces temps-là, l’idée de fédéralisme était synonyme d’ennemi de la République, qui était, rappelons-le, une et indivisible.

L’idée des dirigeants de la Convention était en effet celle-ci : Ne pas parler Français, c’est être contre la République. Et ils étaient nombreux en Basse-Montagne à parler l’un des quatre dialectes du breton : Le léonard, le Cornouaillais, le Trégorrois et le Vannetais.

La particularité de la vie politique sous la IIIe République

La tendance constatée sous la Révolution va se confirmer. Le retrait du Breton et d’autres langues locales de la vie publique sera assorti de sanctions à l’encontre des contrevenants. On peut citer entre autres :

  • Les lois Jules Ferry imposent le Français à l’école en 1881.
  • Une trentaine de prêtres finistériens privés de solde, pour avoir prêché en langue locale
  • Le gouvernement punit les écoliers qui parlent breton

Toutes ces mesures ont entraîné la diminution de l’usage du breton. Entre les deux guerres, son usage était carrément limité au cercle familial. Par ailleurs, ces mesures ont également mobilisé la communauté bretonne et l’a rendue solidaire de sa langue.

Des protestations ont été initiées à cet effet. Cela a abouti, en 1951, à l’autorisation de l’enseignement du breton à l’école.

Plus tard, le 8 Février 1977, Valéry Giscard d’Estaing a annoncé une politique de soutien à la langue bretonne à travers la « charte culturelle de Bretagne ». Ce soutien consistait à allouer des moyens dans l’enseignement, la radio et la télévision locaux.

Toutes ces actions ont permis de sauver quelque peu le breton d’une disparition totale de la carte linguistique française. 

 

 

 

 

 

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